samedi 17 octobre 2009
-RAPACES NOCTURNES ET PELOTES REJECTION.
Le
rédacteur de photonaturefontainebleau nous fait parvenir cet article qu'il nous demande de publier.
Durant cette petite balade au bord d'un cours d'eau, je ne pensais pas rencontrer notre amie la Chouette hulotte Strix aluco.
Il existe sur une des rives, une vieille bâtisse en ruine, les trous dans ses murs, offrent de bons emplacements aux oiseaux cavernicoles pour y établir leur nid. Je ne manque jamais d'y jeter un coup d'œil en passant.
C'est sans bruit que j'aborde la ruine, par l'ouverture de la porte, je jette un œil, des fientes blanches attirent mon attention, hop ! trop tard, elle était là, perchée sur le sommet d'un des murs. C'est trop bête ! Quelle manque de chance.
Confiante dans son plumage camouflé, la Chouette hulotte m'observe essayant peut-être de deviner mes intentions, je fais un pas de trop, me trouve trop dangereux et, sans bruit part se réfugier dans un arbre à quelques dizaines de mètres de là.
J'en profite pour faire le tour du bâtiment, et réfléchir à la possibilité de me camoufler pour lui tirer le portrait, les jours suivants.
Les fientes blanches caractéristiques sont présentes également à l'extérieur de la bâtisse, sur les murs et sur le sol.
Elle a trouvé un excellent refuge pour y passer la journée, perchée sur le sommet du mur, elle est abritée des regards par le feuillage et les branches d'un arbre abattu par le vent sur le bâtiment.
La flêche jaune indique son perchoir et la rouge l'endroit où tombent fientes et pelotes de réjections.
Si je n'y prends garde, il m'est difficile de voir ces pelotes au milieu des feuilles mortes, leur couleur se confond avec elles.
La longueur est de plus ou moins 6 à 7 cm pour un diamètre de 2 à 3 cm.
Le contenu est toujours très intéressant et instructif. "Disséquer" des pelotes de réjection permet au naturaliste d'appréhender le régime alimentaire de l'oiseau.
Voici ce que contenait une pelote collectée à cet endroit.
-7 crânes de musaraigne et leurs mâchoires inférieures.
-1 crâne de campagnol et les os de la mâchoire inférieure.
- Et x os divers.
Il est intéressant de noter que les crânes sont tous fracturés sur leur partie arrière, est-ce là la preuve que la chouette donne un coup de bec sur le crâne pour tuer ses proies ?
D'après Paul Géroudet "Les rapaces diurnes et nocturnes d'Europe", une Chouette hulotte rejette 1 à 2 pelotes par 24 heures. les proies quotidiennes consommées représentent un poids de 60 à 140 grammes !. C'est dire l'impact de la chouette sur les populations de micro rongeurs.
À bientôt les amis pour de nouvelles aventures.
mardi 22 septembre 2009
-OISEAU NOCTURNE DE FONTAINEBLEAU L'ENGOULEVENT.
Le
rédacteur de photonaturefontainebleau nous fait parvenir cet excellent article qu'il nous demande de publier.
Mots clef: Engoulevent, Chèvres, Moutons, Pline, Aristote, Camouflage, Mimétisme, ONF, Niche écologique, Paul Géroudet, Homotypie, Accipiter nisus, Homochromie,
C'est un oiseau, ce n'est pas un hibou, ce n'est pas une chouette et pourtant il chante et chasse la nuit.
C'est l'Engoulevent d'Europe Caprimulgus europaeus .
-Présentation.
-Origine du nom latin.
Aristote,
puis Pline l'ancien, à leur époque, véhiculent par leurs écrits et
"compilations" des légendes assurant que cet oiseau, l'engoulevent,
est capable de traire les chèvres, et les vaches !
Cette idée a perduré et son nom latin rappelle cette rumeur,
Caprimulgus europaeus : capra = chèvres et mulgere = traire, eurapeus signifiant Europe.
Mais pourquoi lui avoir donné ce nom, de "trayeur" de chèvres, donc voleur de lait ? Essayons de raisonner, à l'ancienne, un peu comme ces paysans actuels qui ayant beaucoup réfléchi, accrochent des dépouilles de corvidés aux abords de leurs cultures, pour les protéger de ces mêmes corvidés.
Constat fait par l'autochtone.
«Cet oiseau fréquente les landes broussailleuses où sont mes chèvres et mes moutons :
-S'il est là c'est fatalement pour voler quelque chose !
-Il ne vient que la nuit, c'est sûrement pour commettre des larcins !
-Il a un bec très large, pour se saisir des mamelles des animaux.
-Il se tient souvent au sol pour être à la hauteur des pis.
-Il émet de drôles de bruits.
-On ne le voit jamais le jour, c'est bien qu'il se sent coupable !
-Lorsque les animaux sont à l'étable on ne le voit plus, c'est donc bien pour eux qu'il est là ! »
Et voilà une réputation faite !
La réalité est tout autre, bien entendu.
Les concentrations d'animaux domestiques, véhiculent dans leur sillage tout un peuple d'insectes qui attirent eux mêmes leurs prédateurs, dont l'engoulevent.
Le large bec est le fruit du hasard de l'évolution et l'oiseau bénéficie ainsi d'une surface de capture plus importante.
Le chant est lui aussi le fruit du hasard et n'est pas plus inquiétant que celui de la chouette, ou du hibou.
L'engoulevent utilise une niche écologique (1) restée libre..
Le jour, tout comme les rapaces et autres animaux nocturnes, il se repose.
L'hiver, les chèvres, les moutons et les vaches sont à l'intérieur des étables, lui est en Afrique.
-Origine du nom français.
Son nom français parait être le résultat d'observations, plus judicieuses, "engoule" et "vent", engouler signifie avaler voracement, il avale le vent, le bec largement ouvert.
Ce qui est en partie exact, l'engoulevent ouvre largement son bec pour attraper en vol ses proies, mais uniquement au moment de la capture.
Une
ancienne croyance affirme également qu'il vole tout le temps le bec
ouvert. L'air s'engouffrant alors dans le bec et la gorge de l'oiseau
produit ce chant si particulier.
Les nombreuses et précises observations effectuées depuis, ont démenti ces interprétations anciennes et erronées.
-Distribution.
Comme dit plus haut c'est un oiseau des landes, des terrains boisés clairs et bien exposés.
Signalons au passage l'excellent travail de l'ONF ici à Fontainebleau qui a su restituer à notre ami, des "biotopes" propices à la nidification.
Présent en forêt dès le mois de mai il nous quittera fin août début septembre pour l'Afrique
-Rythme de vie.
L'Engoulevent
d'Europe est avant tout un oiseau crépusculaire et nocturne, son
activité commence peu de temps après le coucher du soleil, pour une
période d'environ deux heures, puis reprend deux heures avant le lever
du soleil et s'arrête enfin avant que le jour ne pointe à l'horizon (Paul Géroudet).
-Chant.
Le plus surprenant chez cet oiseau est son chant à nul autre pareil, un bruit de mobylette ou de petit moteur, mais vous pouvez l'écouter ici.
-Camouflage.
L'engoulevent d'Europe passe la journée au sol, bien camouflé dans la végétation.
Ou branché dans un arbre.
Une particularité de cet oiseau est sa façon de se percher.
Si la plupart des oiseaux ( x ) se perche perpendiculairement à la branche, lui se place dans le sens du support. Peut-être est-ce dû à ses très petites pattes et à la conformation de ses doigts.
À terre ou dans un arbre, il est pratiquement impossible de le détecter. Il est tellement confiant dans son camouflage qu'il ne quittera son emplacement qu'à la toute dernière extrémité, c'est à dire lorsque vous arriverez à quatre ou cinq mètres.
Nota concernant la couleur du plumage: Certains textes circulant sur la toile, parlent d'homotypie, ou d'homochromie, de l'Engoulevent d'Europe, la différence entre ces deux termes et très ténue et si nous nous référons à leur définition, aucun ne semble convenir, celui de mimétisme me parait beaucoup plus approprié.
J'ai réalisé ces vues d'assez près, pour bien monter le mimétisme incroyable de cet oiseau, écorces de pin sylvestre ou plumes, la différence n'est pas aisée à faire.
Les oisillons sont tout aussi mimétiques que leurs parents.
-Bien utiliser le camouflage.
Tous les "chasseurs" photographes peuvent vous le confirmer, il ne suffit pas d'être vêtu d'habits discrets pour observer les animaux encore faut-il être immobile afin de se fondre dans le décor ambiant.
L'engoulevent
pratique lui aussi l'immobilisme, à un degré tel qu'une fourmi peut se
déplacer sur son œil sans qu'il songe à la chasser.
Après
avoir visionné les clichés pris au même moment, je m'aperçois tout de
même que lorsque plusieurs vues pratiquement identiques sont passées
assez rapidement, l'oiseau me suit du regard. Mais je vous assure que
sur le terrain je ne me suis pas rendu compte de cela. -Nidification. Ce
visiteur d'été ne construit pas de nid, mais dépose simplement ses œufs
blanc crème marbré de brun et de gris, dans un endroit à peine dégagé.
Contrairement à certaines affirmations l'engoulevent ne choisit pas une dépression, susceptible de retenir les eaux pluviales, pour y déposer ses œufs cqfd !
Les jeunes à peine "plumés" comme nous l'avons vu plus haut sont protégés par la femelle si les conditions météo (chaleur, pluie ...) mettent en péril leur survie. Observez bien la photo suivante:
Les oisillons sont sous les ailes de l'adulte, leur tête dirigée vers la queue. j'ai cerclé de rouge la queue des oisillons dépassant du plumage de l'adulte;
Les jours passent, leur aspect et leur poids évoluent rapidement.
j'observe que lorsqu'ils sont très jeunes, (quelques jours), ils se trouvent au contact de l'adulte, puis, petit à petit les trois individus, adultes et jeunes sont séparés par quelques dizaines de centimètres puis un mètre ou légèrement plus. Lors des dernières observations, seuls les jeunes sont au sol. Je pense qu'en grandissant ils sont capables de se "brancher" et je n'essaie pas de les retrouver.
Là encore, observez bien la parfaite adéquation entre l'oiseau et son environnement immédiat.
il s'est écoulé environ 3 semaines entre les premières observations et leurs premiers vols.
-Alimentation.
L'engoulevent chasse ses proies principalement en vol, (gros insectes, coléoptères, papillons de nuit, diptères, libellules, phryganes, sauterelles et grillons) un peu à la manière des martinets, mais également à terre ( Paul Géroudet).
Comme le martinet, il n'ouvre le bec qu'au moment de la capture.
Un gros plan de l'oiseau permet d'observer une particularité surprenante, le bec est bordé de vibrisses. Elles augmentent considérablement la surface de capture. (un point de couleur rouge matérialise chaque vibrisse )
-Fientes
Formées d'un petit colombin de plus ou moins 4 mm enroulé sur lui même, les fientes sont assez consistantes et perdurent dans le temps.
Il y a un côté pile et un côté face si je puis dire, à gauche la fiente telle qu'elle se présente sortie du cloaque, l'acide urique (2) (blanc) est sur le dessus. À droite les deux fientes ont été retournées, vous apercevez nettement la forme du petit colombin enroulé en spirale, sans trace d'acide urique.
-Fientes décortiquées.
Les fientes contiennent les parties non digérées des insectes avalés, il me semble reconnaître ici une ou deux "jambes" de sauterelle ?
-Cause et disparition de l'engoulevent.
-Origines humaines.
Il est certain que la déprise agricole et l'abandon du pacage ovin et caprin entraînent une baisse des effectifs de l'Engoulevent d'Europe, mais plus encore le boisement et l'enrésinement des landes participent au déclin de l'espèce.
Comme beaucoup d'autres animaux il fréquente les routes dans le but de capturer les insectes attirés par la chaleur résiduelle du revêtement, cette habitude vous vous en doutez, lui est dans bien des cas, fatale.
-Origines animales.
Si d'aventure passe un renard...
ou un sanglier... véritables menaces pour les jeunes, l'adulte adoptant le comportement d'un oiseau blessé, saura les éloigner du nid. -Effectifs à Fontainebleau.
C'est un oiseau très discret difficile à observer, les données chiffrées font cruellement défaut pour notre massif Bellifontain.
À bientôt les amis pour de nouvelles aventures naturelles sur Photo Nature Fontainebleau.
(1) Niche écologique: ensemble des conditions nécessaires pour qu'une population donnée, vive et se reproduise.
(2) Acide urique:
déchet azoté insoluble, formant des dépôts blancs sur les déjections
des volailles.
Ref:http://www.granddictionnaire.com/btml/fra/r_motclef/index800_1.asp
lundi 24 août 2009
-DASYPODA ou LES ABEILLES SOLITAIRES PSAMMOPHILES
Le
rédacteur de photonaturefontainebleau nous fait parvenir cet article
sur les abeilles solitaires, un régal, merci Jeanpoule.
Mots clef:
Dasypoda, Abeilles solitaires, Abeilles sociales,Terrier, Lapin garenne, Psammophile, Sable,
Première observation in-situ.
1-La Découverte.
Il y a quelques jours, le plus grand des hasards me fait découvrir une "colonie" d'abeilles solitaires Dasypoda sp, alors que je procède au relevé de rabouillères.
Mon attention est attirée par une petite "bête" disparaissant très vite dans un trou du sol.
Les jours suivants je reviens sur les lieux pour étudier le comportement de ce petit animal.
2-Le lieu d'implantation.
L'endroit où est installée cette petite colonie, de 200 ou 300
nids est situé le long d'une haie, bordant un champ inculte.
Exposé plein sud, le sol sableux très tassé, est également fréquenté par les
Lapins de garenne, le terrain présente une très
légère déclivité.
3-Les abeilles solitaires et sociales.
Les abeilles solitaires représentent environ 85% des abeilles
existantes, les autres sont dites abeilles sociales et vivent par
conséquent en colonies. Les abeilles élevées par les apiculteurs font parties des 15 % des abeilles existantes, dites sociales.
La femelle Dasypoda sp construit un nid dans lequel, larves et nourriture y sont
déposées.(la femelle est donc seule, sans ouvrière)
Le nid est abandonné par l'insecte après obstruction de l'entrée.
Un peu avant l'arrivée de l'hiver l'abeille adulte meure, sa durée de vie n'excède pas trois ou quatre mois . Il n'y a donc pas de contact entre les deux générations d'insectes.
Ces abeilles comme vous pouvez vous en rendre compte, sur les clichés, ont une brosse de récolte très développée, sur les tibias et les métatarses postérieurs.
Deuxième observation in situ.
4-Creusement du terrier.
La deuxième observation réalisée, est celle d'un insecte que je prends tout d'abord pour une guêpe adoptant un comportement étrange. Elle marche à reculons tout en pliant et dépliant les pattes postérieures.
En observant de plus près, je constate qu'elle repousse une petite masse de sable, puis écarte les pattes arrières, de façon à disposer les matériaux de chaque côté d'un canal que ses passages répétés ont creusé.
4.1-Phase un:
L'abeille recule en poussant le sable extrait de la galerie avec la partie postérieure de son abdomen et ses pattes arrières.
4.2-Phase deux:
Elle repousse le sable sur les côtés en s'aidant des pattes arrières.
Le
sable extrait du sol forme un petit monticule, ressemblant par son
aspect à ceux que font les Lapins de garenne (mis à part la taille !)
Je remarque la présence sur le site, de plusieurs "modèles" de terriers.
Mais tous sans exception ont un conduit de même diamètre, soit 7 mm.
Après
ces opérations de déblaiement, le sable porte les traces bien visibles
des mouvements des pattes postérieures.(indiquées en rouge)
Ces abeilles solitaires, Dasypoda sp font partie de celles nichant dans le sol, et plus particulièrement dans le sable, d'où découle ce qualificatif de "psammophile", qu'il leur est attribué (qui aime le sable ou vit sur le sable, en grec sable se dit psammo)
5-Où la curiosité est une qualité.
Curieux je veux connaître "les dessous " de cette affaire ! c'est à dire voir un peu ce qui se passe sous terre. Mais la sécheresse de cette année a transformé le sable en véritable béton, et il m'est impossible de creuser sans tout détruire.
À défaut je me contente de calculer la longueur approximative du conduit.
Après avoir collecté le sable extrait par l'insecte (celui du petit monticule), je le place dans un récipient me permettant de calculer son volume.
j'arrive à un volume de 90200 mm³
Je mesure le diamètre du trou d'envol, autrement dit, du conduit, 7 mm.
-Remarque concernant l'orifice d'entrée.
Je remarque que le diamètre correspond parfaitement aux dimensions de l'insecte lorsqu'il est "chargé" de pollen !
En effet à aucun moment les bords du trou ne sont au contact du pollen transporté par l'animal !
Pour vérifier mon hypothèse, je rebouche partiellement l'orifice d'entrée, et lorsque l'abeille s'y introduit, elle colle inévitablement du pollen sur les bords.
mais poursuivons nos calculs...
Connaissant le volume et la surface de base du conduit, je fais l'opération suivante:
Soit 90200 mm³ : ( 3,5x3,5x3,14 ) = 82 cm
Conclusion,le
conduit creusé par cette abeille mesure environ 82 cm, pour être plus
précis,il faut enlever le volume de sable éjecté pour créer la ou les
chambres.
Nous pouvons
supposer qu'à cette profondeur de plus ou moins 60/80 cm, les œufs et
(ou) les larves sont très bien protégés du froid.
Abandonnant cette fois encore le téléobjectif, pour partir vers "le
petit peuple", j'avoue ne pas avoir été déçu par mes observations et
mes découvertes, et ce n'est, semble-t-il pas terminé car l'endroit accueille beaucoup d'autres espèces...
À bientôt les amis pour de nouvelles aventures naturelles sur photonaturefontainebleau.
lundi 17 août 2009
-RECONNAÎTRE LES CROTTES DU LIÈVRE OU DU LAPIN DE GARENNE
Le rédacteur de photonaturefontainebleau nous fait parvenir cet article sur la reconnaissance des crottes du lièvre ou lapin de garenne, merci à lui.
-MOTS CLEF.
Lièvre. lapin de garenne. Lepus europaeus. Oryctolagus cuniculus. Crottes.Crottoir.
-PRÉSENTATION.
Le Lièvre brun Lepus europaeus, femelle dénommée hase, fréquente tout comme le Lapin de garenne Oryctolagus cuniculus la forêt ou ses lisières.
Il est donc fréquent de rencontrer leurs crottes, qu'il est parfois difficile de discriminer.
Je
me propose, cher lecteur de vous donner quelques renseignements qui, je
l'espère, vous permettront de différencier les crottes de nos Lagomorphes.
-RÉGIME ALIMENTAIRE.
Tout
d'abord, il est utile de savoir que nos deux "compères" consomment
quelques-unes de leurs crottes, ce sont les cæcotrophes (un mot inconnu
du "Larousse" en ligne !!) cæcotrophe, vient de cæcal, cæcum du latin caecus, signifiant aveugle, et désignant la partie fermée du gros intestin.
Les
cæcotrophes sont des crottes un peu différentes des autres, de par leur
composition, elles sont donc consommées par les lièvres et les lapins
dès la sortie de l'anus. Elles participent au bon fonctionnement de la
digestion de matières riches en cellulose ingérées par nos amis.
Nous avons donc aucune chance de les retrouver sur le terrain.
-RÔLE DES CROTTES DANS LE MARQUAGE DE TERRITOIRE.
Le
Lièvre brun "disperse" ses crottes sans "idée" de marquage territorial,
on les trouve donc un peu partout, là où il passe et s'alimente.
Le
Lapin de garenne, au contraire, dépose ses crottes assez souvent aux
mêmes endroits, elles jouent un rôle d'appropriation de territoire, un
peu comme chez les carnivores. Déposées à tel endroit, ou à tel autre,
elles servent de bornes olfactives, en prévenant d'autres congénères
que là, c'est occupé ou utilisé.
Ces endroits où sont amassés les crottes, sont appelés crottoirs
Un
peu comme le fait le Renard roux, le Lapin de garenne dépose ses
crottes sur des parties de terrain surélevées, mais également dans les
coulées qu'il utilise régulièrement.
-COMPOSITION.
En se basant seulement sur l'observation du contenu, il est pratiquement impossible de différencier les crottes du lièvre de celles du lapin.
Pour les deux, les mêmes fibres végétales, avec toutefois, une très infime différence dans la longueur !
en A celle du Lapin de garenne en B celle du Lièvre brun.
-LES CROTTES DU LIÈVRE BRUN .
Petite photo d'identité de "grandes-oreilles-au-bout-noir"
et ses crottes, légèrement sèches,
Voyons maintenant la taille
Un peu plus d'un centimètre pour la longueur, disons 15 à 18 mm
et 11 à 13 mm pour la largeur.
-LES CROTTES DU LAPIN DE GARENNE.
Notre ami, prenant la pose...
Et ses crottes,
De forme ronde,
Elles mesurent environ un centimètre de diamètre.
-COMPARAISON.
À gauche les crottes du Lièvre brun, et à droite, celles du Lapin de garenne.
AIDE-MÉMOIRE.
Pour résumer, nous pouvons dire que, les crottes du Lièvre brun, de forme allongée ou ovoïde, composées de débris végétaux sont abandonnées un peu au hasard et que leurs dimensions sont de 15 à 18 mm pour une largeur de 11 à 13 mm.
Celles du Lapin de garenne sont de forme ronde, tout au plus de un centimètre de diamètre, composées tout comme le lièvre de fibres végétales, déposées à des emplacements choisis par l'animal dans un but de marquage olfactif.
Lien vers un article que j'ai écrit il y a quelques-temps, sur le sujet. ICI
En vous souhaitant de bonnes et fructueuses découvertes.
À bientôt les amis sur Photo Nature Fontainebleau.
samedi 11 juillet 2009
_INSECTES ET ORCHIDÉES
UN ARTICLE PROVENAT DU SITE PHOTONATUREFONTAINEBLEAU.
-MOTS CLEF.
Orchidées. Pollinies. Pollinisation. Insectes. Miel. Pollution. Reproduction.
-Aux origines.
Présents
depuis des millions d'années,les insectes participent activement à la
reproduction des plantes, ce principe de fécondation par les insectes
se nomme antomogamie.
Sans insectes, il y aurait certainement moins de plantes à la surface de notre bonne vieille terre.
-La pollinisation.
La pollinisation, c'est à dire le déplacement du pollen d'un organe mâle vers un organe femelle, se fait grâce aux insectes, mais ce n'est pas là le seul moyen de transport du pollen.
Le vent participe très activement à sa dispersion, il s'agit de l'anémogamie. Citons également, l'ornithophilie, (sous réserve) pollinisation par les oiseaux, la cheiroptérophilie (sous réserve), pollinisation par les Chauves-souris, l'hydrogamie (sous réserve) pollinisation par l'eau, mais également la zoogamie (sous réserve), pollinisation par certains petits mammifères
Nota: Les abeilles domestiques, entrent bien sur dans le cadre de l'antomogamie, mais l'importance qui leur est accordée par les apiculteurs est bien entendu relative aux bénéfices financiers attendus (une fois de plus !) , nous en reparlerons dans un prochain article.
-Fausses bonnes affirmations.
Il est fréquent de lire, et d'entendre parler de "stratégie" des plantes, notamment lorsqu'il est question des orchidées, certains ne vont-ils pas affirmer que telle orchidée a pris la forme de tel insecte pour attirer ce dernier et participer ainsi à sa fécondation. Je pense que cette affirmation est entachée d'erreur ou, tout simplement mal formulée.
La fleur s'est développée d'une certaine façon, et, par un concours de circonstance, extraordinaire, ressemble à un insecte présent en ces lieux, il ne s'agit donc que d'un pur hasard.
-Les mystères de l'évolution.
Plusieurs théories ont été développées sans que l'une d'elles ne donne totale et entière satisfaction, pour expliquer ces "connivences" entre les plantes et les insectes.
Seule la théorie ou hypothèse de l'évolution développée par Charles Darwin pourrait expliquer ces interactions parfois surprenantes.
-Sa théorie
Seuls
les animaux les mieux adaptés à leur milieu de vie, survivent, et point
important, se reproduisent, en transmettant leurs gènes. Il s'agit de
la sélection naturelle.
Un animal, ayant, une anomalie génétique, comme par exemple une pilosité abondante, sera plus à même de résister au froid.
Les
individus "normaux" (moins poilus) disparaîtront,tandis que lui,
transmettant ses gènes, à sa descendance, assurera leur survie.
Cette théorie laisse dans l'ombre toutefois le fait que parmi les nombreux fossiles retrouvés il manque les individus dont les branches se sont éteintes faute d'adaptation...
-Le pollen.
la science qui étudie les pollen porte le nom de palynologie
Photographie provenant de : http://fr.wikipedia.orgwikiFichier:Misc_pollen.jpg
Cette photographie, montre les grains de pollens de différentes espèces.
Le
pollen est l'élément mâle chez les végétaux supérieurs, il participe à
la fécondation de la fleur. leur taille se mesure en microns.
Le
pollen peut se présenter sous forme d'un grain isolé ou de grains
multiples l'aspect extérieur du grain propre à chaque espèce permet
d'identifier la plante émettrice, même, après des millions d'années.
-Les pollinies.
Chez les orchidées, ces grains de pollen sont agglomérés en un amas pouvant varier de forme suivant l'espèce et relié à une pièce collante ou plutôt, visqueuse, le rétinacle. Ce sont les pollinies.
Photo Ophrys apifera
Avec mon couteau de poche, j'ai délicatement retiré les deux pollinies de cette orchidée appelée Épipactis helleborine
Les voici sur une réglette graduée, afin d'estimer leur taille...il y a un centimètre entre les deux flèches.
Peut-être est-ce utile de rappeler les différentes parties d'une orchidée.
Photo Ophrys fuciflora.
-Fonction des pollinies.
Le rôle des pollinies et "d'offrir" un moyen de transport au pollen, mais il arrive parfois que l'orchidée se féconde par elle même, on parle d'autopollinisation, mais le cas qui nous intéresse, aujourd'hui, est la pollinisation croisée, c'est à dire un transport de pollen d'une orchidée vers une orchidée distante, par un insecte.
-Les insectes, auxiliaires de la pollinisation croisée.
les insectes, sont fort nombreux à visiter les fleurs ,
les orchidées n'échappent pas à ces visites...
Et parfois une ou deux pollinies sont "embarquées" pour un voyage dans les airs.
Au détour d'un chemin, seul l'œil exercé du photographe décèlera sur le corps d'un insecte, une pollinie, preuve certaine, d'une visite rendue à une orchidée.
Ici une mouche prédatrice,Asilus crabroniformis, me semble-t-il.
La Nature n'a pas fini de nous étonner...
À bientôt les amis pour de nouvelles aventures sur photonaturefontainebleau.

LIENS UTILES:
http://pagesperso-orange.fr/pollens/frames.htm
vendredi 19 juin 2009
-LES GUÊPES SOLITAIRES
Un article de Jeanpoule du site photonaturefontainebleau.
Il vient de m'être donné d'observer un bien curieux phénomène ces jours derniers en forêt de Fontainebleau.
J'étais à plat ventre en train de réaliser des photos d'orchidées, lorsque mon regard s'est porté sur une herbe sèche.
Mais ce sont ces deux renflements, peu ordinaires, qui avaient attiré, je crois mon attention.
Ils n'étaient pas très gros, un centimètre tout au plus.
En observant d'un peu plus près, il me paru évident que, par sa forme, sa couleur, et jusqu'aux matériaux la composant, cette boule ressemblait en tous points à une petite urne.
il y avait même un...couvercle, ou plutôt un bouchon !
Cet assemblage de grain de sable ne pouvait être le simple fait du hasard, et la curiosité aidant, à l'aide de mon couteau, je me suis mis à enlever délicatement, le bouchon...
Avant
d'avoir agrandi l'orifice, je savais déjà que cette urne n'était pas
vide de vie, mais c'est plutôt l'intuition qui me souffla cette
hypothèse car rien, absolument rien, ne bougeait à l'intérieur, et pour
cause, comme nous le verrons plus loin.
je décidais tout de même d'agrandir l'orifice pour, vilaine curiosité, voir ce qui se passait là.
Il y avait là plusieurs animaux qui se révélèrent être des chenilles, ah !
et en agrandissant encore l'orifice, un œuf de forme allongé.
Mettons un peu de couleur pour s'y retrouver, un flèche rouge pour l'unique œuf présent et du vert pour les chenilles, qui, entre parenthèse ne bougent toujours pas.
Comme le dit le titre de l'article, j'étais en présence de l'ouvrage d'un guêpe maçonne, ces insectes de l'ordre des hyménoptères sont des guêpes solitaires, il n'y a pas d'ouvrières.
Elles construisent des nids, composés de plusieurs cellules, dans lesquelles la femelle dépose des chenilles qu'elle a paralysées (voici donc l'explication du peu de vigueur que j'avais constaté). Les cellules sont faites avec des grains de sable cimentés avec de la salive, (d'où leur nom français de guêpes maçonnes).
Une fois la cellule remplie de réserves de nourriture, fraîche ! la femelle dépose un œuf, puis bouche l'orifice de "l'urne".
la larve se développera pendant l'automne et l'hiver bénéficiant de l'ingénieuse prévoyance de sa "mère", son développement terminé, elle perce la paroi, s'accouple et le cycle continue.
Précisons qu'une fois adulte, cet insecte ne consomme que du nectar, vous pourrez l'observer dans le lieux ensoleillés, rochers, murs, les endroits sablonneux et les landes. ce qui ne manque pas à Fontainebleau.
Les guêpes maçonnes les plus typiques sont les Eumènes et les Odynères.
À bientôt les amis pour de nouvelles aventures naturelles, sur photonaturefontainebleau.
Liens.
samedi 13 juin 2009
-COMPOSITION DU NID DES MÉSANGES À LONGUE QUEUE
Article mis à notre disposition par le site Photonaturefontainebleau.
Il m'arrive de trouver des nids, abandonnés, après la saison de nidification, ou ayant été "pillés" pendant cette période, c'est l'occasion pour moi de faire de très intéressantes découvertes. Les nids ou les matériaux les composant peuvent être collectés et collectionnés, mais...
Attention ! Soyons prudents dans notre recherche de nid car il est fréquent que les oiseaux élèvent une deuxième nichée, il faudra donc être patient avant de procéder à la collecte. Et de plus, ce qui complique les choses, certains nids, après la nidification servent de dortoir. Comme je le dis souvent dans la Nature, rien n'est simple.
Ce nid de Mésange à longue queue Aegithalos caudatus, repéré lors d'une randonnée dans un endroit peu fréquenté, à été l'objet d'un pillage en règle par des corvidés nichant, eux, à peu de distance... Mais ce n'est pas la première fois que, ayant repéré des nids, ceux ci, quelques temps après, se retrouvaient à terre vidés de leur contenu, œufs ou oisillons. Oserai-je dire dire que si je les avais vus, d'autres les verraient aussi (je parle des prédateurs).
Ci-dessous, le nid des Mésanges à longue queue, petit bijou d'architecture végétale.
La Mésange à longue queue, que nous voyons ici, au bain
ne niche pas comme ses semblables dans une cavité, trou d'arbre,
ancienne loge de pic, boîte aux lettres, etc, mais choisit la
difficulté.
Elle construit un nid démesuré, comparativement à sa
taille, et à son poids, (7 à 9 grammes !) la construction ressemble à
une espèce de boule pouvant atteindre une hauteur de 18 à 22 cm pour
une largeur de 10 à 15 cm constituée de mousse, de lichens (disposés à
l'extérieur et contribuant au camouflage de l'ensemble), de fibres
végétales,( le liber des peupliers pourrissant entrait également dans la liste des matériaux utilisés pour la confection de celui-ci) .
Les araignées prêtent, sans le savoir, une aide efficace à nos petites "bâtisseuses" en effet les matériaux comme le lichen sont fixés à l'aide de ...fils de soie produits par les araignées. Comme pour le nid du Pinson des arbres voir mon article ici .
Il faut imaginer le nombre de voyages nécessaires pour élaborer cette construction très bien isolée, les parois semblent mesurer environ 5 ou 6 cm d'épaisseur.
Mais là où "l'ingéniosité " de ces petites boules est remarquable c'est dans le choix des matériaux composant l'intérieur du nid.
Un véritable édredon de plume...
Ce qui me semble intéressant c'est la provenance de ces plumes.
J'imagine la quête incessante, afin de récolter telle plume laissée par un oiseau après sa mue, telle autre trouvée là, où, un carnivore a fait un repas, telle autre encore ramassée dans un poulallier, etc.
L'intérieur du nid est composé de centaines de plumes appartenant à des espèces différentes.
Comme
-le PIC VERT pastille de couleur bleue.
-Le MARTIN PÊCHEUR, pastille de couleur jaune et rouge (photo du bas).
-Le HÉRON CENDRÉ pastille de couleur verte.
-Le Col-vert, le corbeau freux, la Grèbe huppée, etc.
Les oisillons ont passés ces froides journées de printemps bien au chaud, avant que la dure loi de la Nature ne les rappelle à une dure réalité. La Nature peut nous sembler parfois cruelle, mais c'est le prix à payer pour que survive toutes les espèces et qu'elles évoluent.
À bientôt sur photonaturefontainebleau les amis;
vendredi 12 juin 2009
-CRÂNE DE RENARD
COPIE D'UN ARTICLE MIS EN LIGNE SUR PHOTONATUREFONTAINEBLEAU.
Voici une de mes dernières trouvailles, en forêt de Fontainebleau.
Un crâne de Renard roux Vulpes vulpes
Le Renard roux,
possède une dentition en rapport avec son régime alimentaire, la formule dentaire est la suivante :
3/3_1/1_4/4_2/3
Ce qui signifie que,
La moitié de la mâchoire supérieure ( la convention veut que le chiffre placé devant la barre de fraction représente la dentition de la mâchoire supérieure) possède trois incisives, une canine, quatre prémolaires et deux molaires.
La moitié de la mandibule quant à elle possède trois incisives, une canine, quatre prémolaires et trois molaires.
Voyons cela, sur le crâne trouvé en forêt de Fontainebleau.
À la différence du Blaireau, chez qui la mandibule
reste fixée au crâne, il n'est pas fréquent de trouver ensemble, crâne
et mandibule ayant appartenu au Renard roux, dans la Nature.
les dents comme chez tous les animaux ont des fonctions bien déterminées.
-Les canines sont employées à la capture puis au dépeçage des proies.
-Les incisives, dirigées vers l'arrière de la gueule, servent généralement, à saisir puis à dépecer, les proies de petite taille. Elles peuvent servir dans les relations avec les autres congénères lors des toilettages ou jeux.
-Les prémolaires et molaires jouent le rôle de "meules" pour broyer les éléments résistants, comme les os ou les fruits à coque.
Le Renard roux possède donc, si nous faisons le total, quarante deux dents.
Les mensurations du crâne varient bien entendu avec l'âge des sujets, il est assez difficile de déterminer l'âge d'un animal simplement par la seule observation de la dentition, sauf, s'il s'agit d'un jeune sujet.
Seul l'examen minutieux des dents, en pratiquant une coupe, permettrait avec certitude de fixer l'âge.
Les mensurations,
À bientôt les amis, sur photonaturefontainebleau.
samedi 30 mai 2009
-SERPENTS DE FONTAINEBLEAU.
Voici les amis un article, mis à notre dispositions par le site photonaturefontainebleau.
Certaines mares de la forêt
de Fontainebleau et leurs abords, hébergent un cortège de plantes et
d'animaux très particuliers, inféodés à ces milieux humides.
La
Couleuvre à collier, Natrix-natrix, fait partie de ces reptiles qu'il
est toujours très intéressant d'observer et avec un peu de chance de
photographier, dans ces biotopes.
Très
bonne nageuse, elle passe beaucoup de temps dans l'eau, il n'est pas
difficile à l'observateur immobile, de repérer dans l'élément liquide,
ce grand serpent de parfois plus d'un mètre. Les femelles sont
généralement plus grandes que les mâles, notons au passage que la
taille varie avec l'âge des sujets.
Elle est présente dans toute la France, sauf peut-être dans les "déserts" céréaliers (J'en connais :-).
Elle affectionne les endroits humides, mais il est tout de même fréquent de la rencontrer dans des endroits pierreux et secs, parfois bien loin de l'eau.
Si les milieux humides occupent une grande importance dans sa vie, à terre elle ne s'en laisse pas compter en ce qui concerne sa vitesse de déplacement !.
La coloration des individus est très variable, gris-olive, verdâtre ou brun-olivâtre. Il est bien difficile de définir, à mon avis, une couleur précise.
Mais tous les individus porte un genre de collier jaune, blanc ou même parfois orangé, juste derrière la tête.
Comme tous les représentants de l'espèce le corps est recouvert d'écailles,
Les yeux et les pupilles sont ronds. À la différence des lézards, les yeux restent ouverts (ils ne se ferment, ou ne "clignent", pas).
La Couleuvre à collier, ce qui est une règle chez les serpents, se sert de sa langue pour détecter et analyser les odeurs. Animée de mouvements extérieurs, la langue se charge de micro-particules odorantes, analysées par l'organe de Jacobson, disposé dans la partie supérieure de la cavité buccale.
Cette détection passe par plusieurs stades:
-La langue se "charge" d'éléments odorants.
-La langue est rentré dans la gueule.
- Les fourches de la langue sont introduites dans les cavités de l'organe de Jacobson.
-les particules sont analysées par l'organe de Jacobson.
-l'animal adopte un comportement adapté aux résultats de l'analyse.
La couleuvre à collier est généralement active en fin de matinée et en début d'après-midi, d'après mes observations.
Comme tous les reptiles sa température varie avec celle du milieu ambiant, une température basse réduit donc ses activités et du même coup ses dépenses énergétiques.
Sa teinte omochromique , lui permet de passer inaperçue...jugez plutôt.
Tapie, dans les sphaignes , elle "guette" et surveille, analysant sans cesse son environnement olfactif.
Sur terre ou dans l'élément liquide même technique...
Ses proies, ne peuvent "imaginer" un seul instant que ce morceau flottant peut à tout moment causer leur "perte".
Puis quittant les rives, elle se dirige vers des proies potentielles, fort bruyantes en cette fin de matinée.
"Devisant joyeusement" cette assemblée de Grenouille vertes Rana esculenta, ne se doutent pas un instant du drame dont elles vont être les témoins, et les actrices.
Nageant tranquillement la Couleuvre à collier se dirige vers le groupe, seule la tête sort de l'eau, mais la voilà déjà près des premières , récipiendaires
Calmement elle se redresse, peut-être pour avoir une meilleure vision de la scène ?
Qui sera l'élue ?
Ah ! pas de chance, un faux mouvement, elle me repère et disparait à toute allure.
Quelle manque de veine !
«Là Jeanpoule t'as pas assuré, le scoop c'est loupé»
Ce sera pour une prochaine fois, il suffit d'être patient, en effet la nourriture principale de la Couleuvre comprend des amphibiens, mais également des petits poissons, parfois des oisillons, ou de petits rongeurs. Les têtards sont les proies favorites des jeunes couleuvres à collier.
Après avoir ingéré sa proie, entière comme il se doit, la couleuvre passera beaucoup de temps à la digérer, bien installée dans un endroit calme.
Trop souvent victimes de comportements imbéciles, de la part de nos semblables, ces animaux réservent à celles et ceux qui veulent s'en donner la peine, de très belles et instructives observations.
À bientôt les amis pour de nouvelles aventures Naturelles, sur photonaturefontainebleau.
vendredi 15 mai 2009
-LA DERNIÈRE MUE DE LA LIBELLULE DÉPRIMÉE
ARTICLE EMPRUNTÉ AU SITE: PHOTO NATURE FONTAINEBLEAU
Mots clef : Odonates. Libellules. Mue. Insectes. Exuvie. Libellule déprimée, Platetrum depressum. Métamorphose.
Les Libellules, insectes prédateurs font partie de l'ordre des Odonates, lui même divisé en deux sous-ordres, les Zygoptères et les Anisoptères. Pour les reconnaître un LIEN utile.
Les
larves croissent dans l'eau et se nourrissent d'animaux aquatiques,
cette vie dans l'élément liquide dure un peu plus d'un an, mais peut
aller jusqu'à cinq ans . Bien que diffèrentes, nous retrouvons chez
les larves des traits caractéristiques de l'espèce à l'âge adulte.
Ici une larve d'Aeshnidae.
Leur corps évoluant, au fil du temps, ces insectes devront changer régulièrement "d'enveloppe" extérieure , c'est ce que nous appelons la mue. Certains individus muent 8 ou 10 fois durant leur vie aquatique.
Phénomène très intéressant, lorsque la larve a terminé sa vie entièrement aquatique, elle sort du milieu liquide, (qu'elle quitte définitivement) mue une dernière fois, sur un support à sa convenance, abandonnant là son corps vide.
Nota. la dernière mue porte le nom de mue imaginale, c'est la dernière mue de la libellule qui prend l'aspect que nous lui connaissons, on peut utiliser alors pour la désigner, le terme d'imago, synonyme d'adulte.
L'eau reste tout de même un élément essentiel à ces insectes que ce soit pour chasser ou pour y déposer leurs œufs.
L'observateur régulier de dame Nature, ne manquera pas de remarquer, sur la végétation, ces étranges formes animales que sont les exuvies.
Nota. Ces exuvies sont recherchées et collectées lors d'études afin de prouver le caractère autochtone des espèces et obtenir une évaluation des populations.
L'exuvie, de exuviae (signifiant dépouille en latin) est délaissée par l'insecte au cours de sa mue, dans la cas présent, l'insecte, la Libellule déprimée, Platetrum depressum, a quitté son ancien corps par une ouverture dorsale.
Je vous propose de suivre en image la mue imaginale d'une Libellule déprimée, Platetrum depressum,
-10 h 49
la larve a quitté l'élément liquide et s'est installée sur un support émergeant de l'eau, le temps est beau et ensoleillé, une partie de la tête apparaît les yeux sont déjà visibles dans l'ouverture dorsale.
-10 h 51 l'insecte continue péniblement à s'extraire.
-10 h 52
-10 h 54
-11 h 05 la tête en bas elle devra faire...
-11 h 13 un rétablissement pour pouvoir étaler ses ailes
-11 h 22 doucement, les ailes se déplient les nervures commencent à apparaître
-11 h 44 les ailes semblent maintenant entièrement dépliées
_12 h 25 le corps continue de s'allonger et les ailes se positionnent en oblique, les nervures sont bien marquées.
-13 h 01 L'individu immature dans son ultime étape de métamorphose.
À partir de 13 h 03 la mue est terminée, une heure passera, les couleurs se renforceront, puis la libellule quittera son support.
-Élevage, capture, collection.
Avant
de se lancer dans l'élevage, il sera judicieux de se renseigner sur les
espèces protégées. En effet capturer des larves, dans un but d'élevage,
sans être capable de les identifier, peut contribuer au déclin de
populations protégées, fortement fragilisées.
-par contre les exuvies peuvent être collectionnées sans restriction.
À bientôt les amis pour de nouvelles aventures naturelles sur photonature fontainebleau.
DES LIENS UTILES:
